Monastère des Bénédictines Tourcoing

Couvent des Bénédictines - Tourcoing, rue Faidherbe.

  • 18 rue Faidherbe, Tourcoing.
  • Quartier Centre Ville.

Originellement hôtel particulier, voici ce qui fut le Monastère des Bénédictines du Saint-Sacrement de Tourcoing aujourd'hui désaffecté. Illustrations de cet édifice patrimoine historique de Tourcoing.


Ce bâtiment pouvait accueillir 40 religieux. Mais seules deux moniales du Saint Sacrement occupaient encore les lieux début XXIè siècle. Elles durent quitter les lieux en août 2011.

Un premier projet de reconversion des locaux en résidence accueil de personnes souffrant d'isolement ou de troubles psychiques, Fraternative, ne s'est finalement pas concrétisé ici mais au 335 Boulevard Gambetta à Tourcoing. Un second projet de résidence non médicalisée pour seniors, les Sérénies, s'est alors constitué, également en vain. D'autres projets sont depuis à l'étude.


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Le portail

Sur le portail à double battant, la plaque indiquant le monastère est toujours là 
mais en bien piteux état :

Monastère des Bénédictines - Plaque.

À noter que la forme internationale du nom de ce lieu était "Monastère du Coeur-Très-Pur-de-Marie".



Sur chaque battant, un chrisme (ou "monograme du Christ") : 


Il s'agit d'un symbole chrétien composé de 4 lettres grecques : X, P, A et O. Le X et le P désignent le Christ ; le A et le O (l'alpha et l'omega : première et dernière lettre de l'alphabet grec) symbolisent le Tout, la Totalité : le commencement jusqu'à sa fin.. En outre, si l'on relie ces 4 lettres, en minuscule cette fois, on en compose le terme grec αρχω (archè) signifiant "principe" (comme dans archétype), "origine" (comme dans archéologie), "fondement", "chef, commandement, gouvernement" (comme dans monarchie, anarchie, matriarchie ou patriarchie, etc.). Enfin, le tout est encadré par un cercle symbolisant la perfection divine. 

Notons encore que ce chrisme fait également apparaître un trèfle à quatre feuilles dont Pline l'ancien disait qu'il recelait l'antidote à la morsure de serpent. Les 4 feuilles symbolisent, selon la tradition chrétienne, les 3 vertus théologales (espérance, foi, charité) + la chance. Au moyen âge, il symbolisait la vitalité, la vigueur, la renaissance. Bref, ce chrisme est décidément bien chargé de multiples symboliques, sans oublier qu'il se trouve donc sur une PORTE D'ENTRÉE...



Le Judas en grille de fer forgé :

Judas en grille de fer forgé, Tourcoing 2021




La façade et ses ornements

Vue d'ensemble du couvent, mitoyen de la chapelle du voeu :

Monastère des Bénédictines du Saint Sacrement, Tourcoing.

Il s'agit donc initialement d'un hôtel particulier bourgeois, élevé durant la seconde moitié du 19è siècle, en 1862 ou 1864, quand, en plein essor économique, « Tourcoing se mondanise et se découvre le goût du cossu, du confortable », nous expliquent Pierre et Claudie Boissé, qui le décrivent plus en détail ainsi :
Pierre et Claudie Boissé : « On voit s'élever [à Tourcoing] à partir des années 1860 une nouvelle génération d'hôtels particuliers. (...) L'un des premiers de ces hôtels d'un nouveau genre [avec l'hôtel Roussel-Defontaine de 1866, actuel Musée MUba] est le 18, rue Faidherbe, qui fut construit en 1862. Sa façade, dont le style n'est pas sans évoquer celui du Louvre de [l'architecte Hector] Lefuel, joue sur l'équilibre asymétrique entre deux parties : un plan de quatre travées rigoureusement ordonnancées, d'une part, et d'autre part une travée de porche latérale traitée en avant-corps surélevé, sur lequel se concentre la charge ornementale : pilastres à la française, fronton cintré, balcon de pierre ajouré de putti et rinceaux, décor sculpté florissant (masque, chimères, encadrements végétaux). » (Tourcoing 1771-1984, Architecture du centre-ville, tome 2, 1986, page 410)
S'agissant d'une résidence privée, on comprend maintenant pourquoi les ornements de ce "monastère" n'ont donc rien de proprement religieux.


Les pilastres à la française de la travée latérale :

Monastère des Bénédictines Tourcoing - Pilastres à la française.



Pilastre cannelé et cartouches à motifs végétaux en gros plan :





Le masque au centre, entouré des deux chimères.
Ornements végétaux encadrant la fenêtre :

Masques et chimères - Monastère des Bénédictines, Tourcoing.



Le balcon :

Balcon du Monastère des Bénédictines, Tourcoing 2020



Une arcade et son agrafe centrale sous un bandeau évoquant les corbeaux architecturaux :




Un joli numéro 18 en agrafe ornée, au-dessus de la "porte cochère" :

18 rue Faidherbe, Tourcoing - Ancien hôtel particulier



Le fronton

L'arc situé en haut du fronton cintré indique 1864.
Peut-être s'agit-il de la date de fin de construction (?) du bâtiment puisqu'on a vu plus haut que les historiens parlaient de son édification en 1862 :

Couvent des Bénédictines, Tourcoing - Fronton cintré.

Que celle ou celui qui connaît le fin mot de l'histoire pour départager entre ces deux dates se manifeste en commentaire sous notre article... Merci d'avance à elle ou lui.

1864 - Fronton du Monastère des Bénédictines de Tourcoing.



Clocher du monastère

Le clocher est invisible depuis la rue Faidherbe.
Pour obtenir le point de vue ci-dessous, il faut se rendre dans la rue Motte,
muni d'un téléobjectif puissant (un 600mm) :

Monastère des Bénédictines, Tourcoing - Clocher.


Cet autre point de vue se dévoile au départ de la rue Carnot... ambiance jour... :

Clocher du Monastère des Bénédictines, Tourcoing.

... et ambiance nuit :

Couvent des Bénédictines du Saint Sacrement, Tourcoing - Clocher.


Cliché depuis la rue Thiers, à travers la rue de la Boule d'Or :






Cartes postales anciennes

Cartes postales anciennes - Monastère Bénédictines Tourcoing

→ Voir notre article spécifiquement consacré aux




La chapelle du voeu attenante

En 1921, une chapelle fut édifiée, tout contre le monastère, qui lui est donc antérieur :

Couvent ds Bénédictines et Chapelle du Voeu, Tourcoing

Durant la première guerre mondiale, de nombreuses communes sont bombardées dans la région. Pour protéger leur chère commune, les tourquennois prièrent, lors d'une messe solennelle ayant eu lieu en l'Église Saint-Christophe, demandant au Ciel d'épargner leur ville. Si leur voeu devait être exhaucé, il promirent de construire une chapelle depuis laquelle monteraient des prières quotidiennes de remerciement, sans limite de durée. La guerre se termine, Tourcoing n'est pas bombardée et ce sont les soeurs bénédictines qui assurèrent la reconnaissance tourquennoise, comme nous l'indique l'historien local Jean Christophe (pseudonyme de Jean Odoux, de la famille Odoux de Tourcoing) :
Jean Christophe : « Le 30 juin 1916, en pleine guerre, les Tourquennois rassemblés en l'Église Saint Christophe, formèrent le voeu "si la ville était préservée de la destruction, de bâtir une chapelle à laquelle serait rattachée une communauté religieuse priant nuit et jour au nom de Tourcoing reconnaissant". La chapelle ouverte au public et qui fait front à la rue Faidherbe, fut construite en 1921. Ce monastère a mérité le nom de "paratonnerre spirituel" de la ville. » (Jean Christophe, Si les rues de Tourcoing m'étaient contées, Frère 1972, page 24)




Monastère des Bénédictines et Chapelle du Voeu - 18 rue Faidherbe, Tourcoing




L'Hôtel Lorthiois-Lepoutre

Le service de l'Inventaire général du patrimoine culturel de la DRAC indique que l'hôtel particulier logement patronal de Félix Lothiois-Lepoutre du 40 place de la Victoire non loin de là, reprend largement l'architecture de celui-ci, mais sans les ornements de décors.




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