Mémorial Léon Trulin Citadelle Lille

  • Citadelle de Lille. 
  • Quartier Vauban-Esquermes. 

Une plaque commémorant Léon Trulin fut érigée en 1931 au fond d'une traverse parmi les remparts de la Citadelle, à l'endroit même où il fut fusillé par les allemands en 1915.

Plusieurs lieux lillois évoquent la mémoire de ce jeune agent  du renseignement allié, 18 ans à l'heure de son exécution : une rue à son nom et la statue à son effigie à côté de l'Opéra ; le Monument des fusillés lillois du square Daubenton ; la tombe où il fut inhumé au cimetière de l'Est. 

La Citadelle Vauban de Lille est réquisitionnée par les allemands durant la première guerre mondiale. C'est là que Léon Trulin, capturé, sera emprisonné du 12 octobre 1915 jusqu'à son passage par les armes le 8 novembre suivant après avoir été condamné à mort par le tribunal militaire Allemand 3 jours plus tôt.


✤ ✤ ✤
Cliquez sur les photos pour les voir en diaporama plein écran.
✤ ✤ ✤




La citadelle en question, érigée par Vauban et son entrée principale (la Porte Royale) telle qu'on la voit une fois passés les premiers remparts :

Citadelle Vauban de Lille, 2020


Au sein de la citadelle, voici l'allée dite "Voie des Combattants" dont on aperçoit une petite bifurcation sur la gauche (où l'on voit aussi un morceau de rempart parmi la végétation) ; cette bifurcation ouvre sur la tranchée où se déroula la mise à mort :



Voici cette tranchée où le jeune Trulin fit face au peloton d'exécution qui le fusillera de douze balles :



Quand on s'avance ici, il est difficile de ne pas imaginer la terrible scène 
et de ne pas avoir une pensée fort émue à l'égard du jeune homme : 



Ces énormes lettres de fer fixées sur le mur furent inaugurées en novembre 1931 :

Lettres TRULIN, Citadelle Lille


Mise en évidence de la plaque sous le lettrage :




Voici la dernière lettre du jeune agent, qu'il rédiga la veille de son exécution et eut l'autorisation d'adresser à sa Mère :
« Le 7 Novembre 1915. Ma bien Chère Mère. Je suis désolé de tout ce que j'ai fait depuis le 30 juin, jour du départ. J'ai bien souffert pendant le mois de juillet, souvent sans feu, ni lieu ; puis au mois de septembre, la vie a changé (en Hollande, en Angleterre) puis de retour en Belgique, car voilà le malheur, je me fais prendre par malchance à une demi minute du territoire hollandais. Je vous en supplie, ne désespérez pas et vivez pour René qui serait orphelin (malheureux), vivez aussi pour mes frères et soeurs et montrez l'exemple de leur résignation et marchez la tête haute ; votre fils s'est dévoué pour sa patrie (vive la petite Belgique). Je vous embrasse bien fort et courage Mère, nous nous reverrons un jour. Embrassez mes frères et soeurs pour moi et dites leur que votre fils a su mourir en brave. Maintenant je vais me coucher, il est déjà tard, pour être prêt, frais et dispos, demain jour de l'exécution. Je pardonne à tout le monde, amis et ennemis, je fais grâce parce que l'on ne me l'a pas fait. Vous trouverez un carnet où je marque mes volontés. »


La dernière vision terrestre de Léon Trulin 
(cliché de la tranchée dans l'autre sens, dos au mur) :




Voici un montage de la statue Trulin jouxtant l'Opéra de Lille, placée à côté des derniers mots de l'enfant à sa Mère, mots de pardon, universels, même pour ses ennemis :

Léon Trulin